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 Anthea Wuornos

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Anthea Wuornos

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MessageSujet: Anthea Wuornos   Mar 15 Juin - 18:16

EGYPTIENNE

Anthea Wuronos








  • Nom : Wuornos
  • Prénom : Anthea
  • Date de naissance : 23 janvier 1987 (23 ans de vie, 27 ans d'apparence)
  • Lieu de naissance : Morlund
  • Situation familiale : Célibataire
  • Orientation sexuelle : Hétérosexuelle



  • Caractère : Anthea n'est ni bonne ni mauvaise, et pourtant les deux à la fois. L'on dit que chaque homme et femme qui font souffrir autrui, ont un passé bien plus lourd que ce qu'on voudrait entendre pour ne pas leur céder des sentiments d'indulgence, de pitié ou de réelle empathie. Les Morlunns riraient face à de tels propos, car c'est dans leur nature, ou dans leur culture que de vouloir dominer et de s'en croire détenir le droit suprême. Pourtant, beaucoup de C3 sauraient admettre le contraire. Oui, Anthea connait la valeur de la vie pour l'avoir portée en elle, et elle ne ressent pourtant pas le moindre regret à en sacrifier plusieurs pour son contentement égoïste. C'est une personne faite de paradoxes où l'on pourrait s'égarer. Autrefois extrêmement sensible et réservée, elle se targue à qui veut l'entendre qu'ajourd'hui, elle n'a de défaut que de ne pas en avoir. Intelligente, sensuelle vipère et vertueuse immorale, son rang de C1 lui permet, d'après elle, de traiter quiconque comme il se doit : en moins que rien. Son arrogance fait d'elle un être infâme et creux d'humanité, pourtant, elle rêve secrètement de parvenir à importer à quelqu'un. Non pas par son physique de déesse de la perversion, non pas grâce à l'adage de ses mots agressifs, mais par la douceur qu'elle s'est un jour connue, reculée aux fins fonds de sa personnalité pour ne laisser entendre à personne qu'elle pouvait être aimante, dévouée, fidèle. En un mot pour les Morlunns, et même pour beaucoup d'humains : faible.




    Music Playlist at MixPod.com




  • Histoire : C3. C'est comme ça qu'on avait décidé que je naitrais : C3. Ça veut rien dire, je veux dire : je n'étais rien. Je devais me résoudre à errer dans les rues dégueulasses des ghettos putrides, et quand j'allais trop loin, dans les beaux quartiers, mirant avec jalousie vengeresse et envie rêveuse ces beaux centres où grandissaient les perles de l'éducation des classes premières, eh bien, des gardes me ramenaient dans la rue, en me poussant de la remorque de l'engin rutilant et impressionnant qui leur servait à effectuer des rondes avec une rapidité injuste. Mes petites jambes s'affolaient au devant d'eux, et les gardes, des C2, riaient et profitaient du bruit assourdissant de leur voiture pour me faire peur. Mon petit cœur se débridait dans ma poitrine et j'avais le vertige. Quand ils arrivaient à mon niveau, je me faisais happée, tirée par les cheveux ou, par jour plus clément, par dessous les épaules, puis on me jetait dans le ghetto, avec une parole préventive de menace sur mon prochain séjour chez les riches. Mais je revenais toujours, même s'ils m'effrayaient à m'en faire faire des cauchemars la nuit, ces gardes. J'avais une sœur qui n'était jamais revenue comme ça. Mes parents s'en foutaient, ils avaient d'autres chatons à fouetter et à tenter de nourrir. Je ne rentrais chez "moi" que pour dormir, et encore, pas toutes les nuits. J'avais cinq ans. Et je préférais encore me creuser une niche à même le trottoir plutôt que d'avoir à coucher sur le sol de l'immeuble terreux où vivaient déjà quatre familles. Puis, Morcheeb, l'homme qui avait le droit de passage sur tout le monde dans l'immeuble, il me regardait bizarrement, puis il s'arrangeait toujours pour me faire dormir avec lui, et j'aimais pas.

    Mes mains accrochées au grillage, je regardais, les larmes aux yeux, les enfants qui jouaient et couraient dans la coure du Centre d'éducation des C1. Une gamine s'arrêta de rire et me considéra d'un air condescendant, comme si j'étais un monstre, un animal étrange d'une espèce nettement inférieure à elle. Elle me montra du doigt, à une surveillante qui abattit une main délicate et blanche sur une bouche rose mince en m'apercevant. Mais ça n'était pas pour moi, c'était pour les deux hommes derrière moi, ce geste insultant. Je n'écoutais pas ce qu'ils me disaient, ou alors je l'ai oublié. Mais je ne vis plus jamais le beau centre des C1, on me ramena dans mon immeuble où les gardes discutaient avec Morcheeb qui s'échauffait beaucoup. J'étais assise et je ne disais rien, la mine renfrognée et boudeuse d'une enfant à qui l'on avait retiré son petit plaisir et qu'on, je le savais, marchandait sans état d'âme. Apparemment Dwerboly, un riche concessionnaire à qui appartenait l'immeuble, menaçait de raser le territoire pour bâtir une usine d'agro-alimentaire. L'immeuble où nous vivions était tout proche de la périphérie de la belle ville, l'endroit était idéal pour bâtir une usine respectable. On me vendit pour 200 Ioby, ainsi que plusieurs de mes sœurs ou demi-sœur, pour constituer les recrues d'une future maison de vente d'esclaves, dirigée elle aussi par ce Dwerboly. Huit mois plus tard, Dwerboly fit tout de même démolir le bâtiment. Moi, apprenant la nouvelle, et du haut de mes sept ans, j'étais furieuse. On m'avait donc vendue pour rien ? Rien. Encore rien. Ça devenait agaçant à la fin. Mon mutisme, mes voyages solitaires qui renvoyaient de moi l'image d'une enfant abrutie pour qui l'avenir était aussi inintéressant que pour un détenu condamné à perpétuité, prit fin dès lors. J'étais bien trop irritée et froissée dans mon égo pour qu'on continue à me prendre pour rien. J'avais décidé que j'allais devenir quelque chose, et forcément, ça n'allait pas être plaisant, parce que je voulais me venger. Alors je fis toutes les bêtises nécessaires pour attirer l'attention du chef des chefs : Dwerboly. Je supportais les coups, les blessures parfois graves, jusqu'à atterrir, neuf ans plus tard, dans son bureau. Neuf ans que ça m'a prit avant qu'il n'entende parler de moi ! J'avais vu Haleerunes, en premier. Il m'avait filé une correction à chaque fois que j'insultais ma "formatrice institutionnelle", jusqu'à ce qu'il me confie à Benoïte. Lui, il m'avait violemment tabassée et à plusieurs reprises, en n'omettant pas d'indiquer que c'était comme ça qu'il fallait que je me comporte et pas autrement : en femme soumise. Ça avait marché pendant un mois. Un mois où j'ai fermé ma gueule parce que je me sentais trahie dans ma superbe vengeance, un mois où vivre dans mon corps méconnu tant il était déformé par les contusions a été comme se trouver dans la peau de son pire ennemi. Puis j'ai repris du poil de la bête, je me suis dit : tant pis ! Mon corps, on peut en faire ce qu'on veut ça m'empêche pas de penser. Et penser, c'est ce qu'il y avait de plus important, et je ne devais pas perdre mon temps à penser sur ma blessure, elle se panserait toute seule. Mon esprit, lui, il avait un but. Puis après Benoïte ce fut Charey, puis Granciid, et enfin, n'en tenant plus, j'atterris droit dans le bureau du grand Dwerboly.

    - C'est toi qui me causes tant de problèmes depuis sept ans ?
    - Huit.
    - Tu te fiches de ma gueule ?
    - Depuis neuf ans, dis-je avec effronterie.
    Dwerboly se figea de stupeur. Pendant un instant, ses deux avant-bras et ses mains à plat sur le bureau, ses yeux figés dans les miens et les traits de son visage, restèrent parfaitement immobiles. Jusqu'à ce qu'un rictus de visage, originaire d'un léger tremblement des commissures de ses lèvres, trahissent le sentiment qui le traversait. C'était le rire. Donc, quand il éclata en ouvrant largement la bouche, d'où s'envola un rire nasillard et franc, grave, dont l'haleine m'effleura de sa fraîcheur soignée, je ne parus pas surprise, ni décontenancée, mais au contraire bien plus confiante. Je ne bougeai pas, même si son rire était contagieux, je réussis à conserver mon impassibilité et mon expression toujours culpabilisante.
    - T'es une dure à cuire, hein ? Et je peux savoir ce que je t'ai fait pour mériter ce regard incriminable ?
    - Senaz, répondis-je froidement, avec une rudesse marquée sur les consonnes.
    - Ah oui. Tu habitais dedans et on t'a vendue pour conserver l'immeuble.
    - Vous l'avez quand même détruit.
    - Les affaires sont les affaires. Tu ne pensais tout de même pas que j'allais faire un don d'indulgence pour des C3.
    Un élan de colère pinçant me fit répondre sur l'offensive.
    - Je vais te tuer.
    J'étais très sérieuse et diablement en colère mais il conserva un sourire goguenard quoique bienveillant. Il me poussait à bout en ignorant de cette manière ma menace, et mes mains tremblantes ne souhaitaient plus que de l'exécuter une bonne fois pour toutes !
    - Tu es dans l'erreur, dit-il alors, si tu me tues -en sous-entendant que tu y arrives, même avec ta force d'égondrite-, tu t'apercevras que tu ne te sens toujours pas soulagée, tu seras toujours en colère et tu ne comprendras jamais rien à celle-ci. Tu resteras en colère jusqu'à la fin de tes jours.
    Je ne comprenais rien du tout à ce qu'il disait, mon pauvre esprit en était la cause, mais je savais néanmoins ce qu'était un égondrite et j'avais saisi la menace. L'égondrite était un des rares animaux qui étaient parvenus à survivre malgré la pollution, il était très faible et sa vie pouvait être menacée par une simple émotion d'angoisse ou une pichenette inoffensive sur un Morlunn. La survie de cette espèce n'avait de mérite que sa faculté à se reproduire rapidement et en grand nombre. Néanmoins, il devenait de plus en plus rare d'en croiser un, et on s'en moquait bien, les animaux passaient en second plan. Je savais aussi, que de se taire signifierait que j'attendais qu'il développe son idée parce qu'elle m'intéressait, ou alors que je me savais en tort et qu'oser démentir m'aurait enfoncée dans un mensonge qui n'avait plus lieu d'être puisque Dwerboly avait une connaissance qui me dépassait. Plus simplement, mon silence eut suffit à le faire penser qu'il était parvenu à me dompter, il se fit une joie arrogante de profiter de mon calme momentané pour expliciter son brève introduction, et là, je compris tout.
    - Celui à qui tu en veux réellement, c'est ton père, parce qu'il n'a rien fait pour te retenir. Il est amusant de constater que tu essaies encore de briller pour qu'il te remarque et t'admire.
    - Mon quoi ?, dis-je avec dégout et retroussement de la lèvre.
    - Père. Ton père, répondit-il en articulant comme si j'étais trop analphabète pour saisir le sens des lettres et de leur mélodie. Celui qui t'as faite avec une femme. Tu sais comment on fait les bébés au moins ? Les bébés illégaux, j'entends.
    - Va te faire foutre, j'entends très bien moi aussi, répliquai-je. Et je sais comment on fait l'amour.
    - Tu l'as déjà fait ?
    - Non !
    Il me considéra avec un curieux air de dessin entendu.
    - Très bien, très bien... comment tu t'appelles ?
    - Numéro 2.
    Il éclata de rire.
    - Tes parents ne t'ont jamais donné de nom ?
    - Pour quoi faire ?
    - Je vais t'appeler Anthea. Ce nom vient de la Terre.
    - De quoi ?

    Ainsi commencait une longue et périlleuse tentative d'éducation de ma pauvre culture et de mon débile esprit. Dwerboly devint en quelque sorte mon maître, bien qu'il n'en fut jamais définit ainsi. Il était mon précepteur et mon tributaire. Mon protecteur. J'avais été mise très tôt au courant, par d'affreuses bouches comploteuses et jalouses, que cette instruction bénéficiaire n'était due qu'à un pari que Dwerboly avait tenu, affirmant qu'il était tout à fait capable de transformer un C3 en véritable bourgeois intelligent et fort de son caractère, un C1, en seulement quelques années. Pari tenu. Le problème étant pour Dwerboly, qu'il s'était entiché de moi. Oh il y avait eu bien des aventures avant qu'un tel sentiment ne s'empreigne de lui. Amoureux de la Terre des hommes et tenant à se mettre régulièrement au courant de l'avancée de notre race sur cette planète, il eut bientôt vent du plaisir de la chair, coutume des hommes qui étaient parvenus à une telle expérience de la chose qu'il en était devenu une sorte d'Art. Aussi voulut-il tenter avec moi cette expérience qui était réservée chez nous au plus méprisables Morlunns de bas étages : les C3. Moi je n'en avais aucune envie, parce que je rompais d'avec mes racines, et cela constituait pour moi un retour avilissant à ce que je cherchais dorénavant à fuir. Pour Dwerboly, cela ne devait me poser aucun problème puisque de toute façon, avec Morcheeb comme maître de maison, je n'y aurais certainement pas échappé. Aussi nous fîmes l'amour, et benêts et inexpérimentés comme nous étions, je tombai enceinte aussi vite que ce cher Dwerboly eut finit de jouir en moi. Nous ne nous en étions aperçu que bien des semaines après. Je me plaignais sans cesse de grossir alors que je mangeais moins que d'habitude. On pensa d'abord à une maladie, mais notre médecin fut formel : j'étais enceinte, de deux mois et demi. Notre période de gestation étant plus courte que celle des hommes, il m'était impossible de pouvoir "avorter", comme disaient et faisaient les hommes. Alors que je grossissais chaque semaines davantage, Dwerboly s'efforçait à trouver un centre de C1 pour accueillir l'enfant à sa naissance.

    La vérité, c'est que je ne m'étais jamais trouvé plus belle, plus utile et fondamentalement bonne qu'en faisant grandir la vie sous ma poitrine. Je caressais mon ventre, le sourire aux lèvres, et les larmes aux yeux. Des larmes de bonheur et de tristesse infinie, parce que je savais que je ne pourrais jamais le voir grandir. J'en avais parlé à Dwerboly, mais il avait rit, disant que je n'étais absolument pas une femme maternelle et que ces bassesses étaient réservées aux mères porteuses, c'était leur métier et moi j'étais... il avait laissé sa phrase en suspension pour ne pas dire esclave, puis il avait repris la parole en affirmant que ces sentiments-là que j'avais étaient du au milieu décadent dans lequel j'avais grandi, et que ça me passerait sitôt que l'enfant serait ôté de moi.

    Mais il avait tort. Affreusement tort. Je me voulais mère et libre, je me voulais utile à une petite vie pour laquelle je mettrais tous mes efforts à le faire grandir bien, à lui donner les clefs pour faire grandir son esprit, à enseigner des morales qui seraient chez elle incontournables, et dont la soumission devait être preuve d'un honneur louable. Je m'imaginais à chaque seconde de solitude et de répit la vie que nous aurions put avoir. Peu importait la douleur, parfois, j'adorais le sentir vivre en moi et s'épanouir, mon bébé, ma chair et mon sang. Je pourrais en parler tellement longuement, et sans pouvoir m'arrêter. Il est tellement cruel d'avoir à se départir d'un être qui a fait partit de vous pendant sept mois. Comme j'en voulais à Dwerboly de ne le point comprendre, je l'aurais aimé, rien que pour me l'avoir laissé. Oh oui, je l'aurais adulé. Au lieu de ça, lorsque mon fils sortit de mes entrailles comme un adieu irréversible, il me mit de suite au régime et au sport pour me faire retrouver la silhouette parfaite de moi qu'il aimait tant à parcourir de ses grosses mains trop douces. Je n'eus pas le temps de le voir, de le serrer contre ma poitrine, de lui donner un peu de moi avant qu'il ne me quitte pour toujours. A peine expulsé de mon utérus, mon enfant fut confié à une nourrice chargée de le conduire jusqu'au centre d'éducation de C1, celui même que je mirais avec jalousie et envie dans mon enfance malheureuse. Il semblait que mon destin était scellé à ce lieu, me faisant souffrir le martyr et me faisant l'aimer au point de me damner.

    Une année après, Dwerboly eut dans l'idée de m'emmener sur Terre et de nous marier, parce que l'objet de son pari était devenu l'objet de ses désirs et de son amour. Au diable le mariage ! Au diable sa Terre de Caucase ! Et au diable son pathétique amour ! Moi, je voulais la vengeance, et j'avais bien compris, à force d'études de psychologie, que j'en voulais à mon père, mais j'en voulais aussi à Dwerboly. Pour sa richesse, pour son comportement outrecuidant qui conduisait des milliers de personnes à vivre dans une misère indicible, et pour mon enfant qu'il m'avait forcée à abandonner. Je voulais sa mort, comme un symbole de ma rébellion contre les personnes de son espèce. Le pire pour moi devait sans doute être que j'étais devenue un parfait antonyme de son être. J'avais des désirs futiles, des caprices éhontés, des besoins fictifs et enfin, j'étais devenue une incurable matérialiste, et j'étais bien incapable de renier tout ça pour retrouver des racines qu'on avait tranché, pour mon plus fou bonheur. Attaché et fou d'excitation qu'il était, concernant les promesses que conférait à chaque C1 la Terre, je refusais constamment d'y aller, et m'employais de concert à empoisonner ses repas qu'une esclave que je ne traitais pas mieux qu'un autre préparait à heure régulière. Il mourut d'une crise cardiaque et, comme souhaité, alors qu'il vivait ses dernières minutes sur son lit de mort, accompagné de mes larmes désuètes et jouées, je fus promue C1, et je devais recevoir les Ioby qu'il gagnait à la sueur de ses employés C2. Aux dernières secondes, j'affichai un sourire vainqueur et me penchai au dessus de son oreille pour murmurer sur un ton foutrement railleur et présomptueux.
    - Ça y est Dwerboly, je t'ai tué, je l'avais promis et je l'ai fait. Tu n'aurais jamais dû me faire confiance, imbécile.

    Ces yeux s'agrandirent de stupéfaction alors qu'il comprenait l'entourloupe. L'esprit qu'il m'avait donné, sa patience, sa hargne, sa fougue, son respect, son amour, ses éloges, ses initiations aux plaisirs de la chair qui nous venaient tout droit de Terre, alors que lui même les découvrait. Tout. Réduit à néant en quelques mots au pouvoir destructeur. L'émotion foudroyante que lui provoqua ma trahison le fit mourir d'un coup. Je feignis la tristesse et appelai au secours, sachant qu'il n'y aurait pas de retour à la vie possible. Il était perdu, il avait perdu.

    Je tentai par la suite de retrouver mon enfant. Les lois Morlunnes étaient formellement contre, mais je voulais l'emmener de gré ou de force avec moi sur Terre. Il me fallut encore bien des mois, se soldant finalement en deux ans et demi, et beaucoup de dépenses pour pouvoir avoir ne serait-ce qu'une entrevue avec lui. Les mots me manquent tant la souffrance que le petit garçon qui sortait de mon ventre me fit. Bien sur, il ne me reconnaissait pas. Bien sur, on lui avait déjà inculqué le fonctionnement social des classes hiérarchiques sur Morlund, et il n'avait que faire de se trouver face à sa mère porteuse. Il avait répondu à mes questions émises sur une voix tremblante d'émotion avec politesse, certes, mais de ses yeux miroitaient le dédain et l'ennui qu'une telle rencontre lui inspirait. De l'indifférence, ni plus ni moins. Je comprenais enfin pourquoi il m'avait fallu tant de temps pour pouvoir le rencontrer : c'était pour faire grandir en lui l'esprit des C1 sortis de ces centres d'institution royale. Quand, n'y tenant plus, je lui proposai de me suivre sur Terre, le terrible petit leva des yeux incrédules et blasphémateurs sur moi, comme si je n'étais qu'une folle, et refusa sur un ton supérieur. Déjà aussi dur et implacable à un âge si jeune. C'était affligeant pour une mère venant des bas quartiers C3.

    Morlund, à la suite de cet épisode tragique, me devenait insupportable. Aussi, décidais-je de tenir les promesses inavouées de Dwerboly, et de fuir ma planète. De reprendre de zéro, une vie qui allait désormais m'appartenir dans son intégrité. Et je m'en allais donc sur Terre, convaincue qu'on irait jamais me chercher des noises là-bas, sur mes tentatives honteuses d'avoir voulu retrouver un enfant, indigne d'un comportement de C1. Et j'avais raison, la Terre me permit de tourner la page, et nul Égyptien n'avait entendu parler de mes frasques désolantes sur Morlund.

    Lorsqu'après mes deux mois de préparation, j'arrivai à l'aérodrome de FakeonCorp, je n'eus aucun besoin de suivre une quelconque formation afin d'exercer un travail. Je recevais quotidiennement une somme de Ioby, transformée en dollar sur mon nouveau compte en banque, telle, qu'un autre revenu aurait été simplement superficiel. Les promesses et l'excitation de Dwerboly m'atteignirent de plein fouet dès la première bouffée d'air de Los Angeles que j'aspirais avec plaisir. Pur. Tout comme ces humains prêts à croire en n'importe quoi pour nous ignorer. Nous nous installions sans bruit dans leur vie, dans leurs habitudes et dans leur économie, et je me plaisais à penser qu'ils seraient bientôt tous à nos pieds. Les Cylons et ces hommes du futur nous causaient pas mal d'ennuis, mais tellement dérisoires à côté de notre étendue vaillante et imbattable. Ils n'auraient qu'à se soumettre eux aussi.

    Cela fait tout juste quatre mois que je suis installée et bien lotie à Los Angeles, et je me sens plus libre et plus femme de pouvoir que je ne l'ai jamais été. Je veux la vie, je veux le pouvoir, je veux la vengeance.





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Dernière édition par Anthea Wuornos le Ven 18 Juin - 20:00, édité 2 fois
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Anthea Wuornos

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MessageSujet: Re: Anthea Wuornos   Ven 18 Juin - 18:00

Un double post -désolée- pour vous prévenir que j'ai fin terminé ma fiche.
En espérant que cela convienne, que je n'ai pas fait de bourdes ^^
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Dunlaïr
Admin Terrifiant
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MessageSujet: Re: Anthea Wuornos   Sam 19 Juin - 16:20

Enfin ! Une Égyptienne ! Superbe avatar...
Je n'ai rien à redire, que cela concerne les Égyptiens ou la fiche, rien ne manque. J'ajoute "l'égondrite" au glossaire, et vais de suite préciser la durée de gestation des Égyptiens dans la rubrique ethnologie. Je n'y avais pas pensé et sept mois me semble convenable au vu de leur croissance accélérée.

En un mot : bienvenue !

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Nawel Ialenkaï

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MessageSujet: Re: Anthea Wuornos   Sam 19 Juin - 16:30

J'adore ce personnage, l'avatar magnifique !!!


Bienvenue parmi nous Smile
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Caleb Fergesson

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MessageSujet: Re: Anthea Wuornos   Sam 19 Juin - 16:48

Je hais ta race, je hais ce que tu représentes ... Une beauté si belle mais si trompeuse !

Bienvenue tout de même
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Jewel A. O'Siodhachain

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MessageSujet: Re: Anthea Wuornos   Sam 19 Juin - 16:57

Bienvenue ! cheers

Pareil que Caleb, ma Jewel t'aime pas beaucoup ... m'enfin sait-on jamais : tu peux devenir gentille... Surprised

Quoi ? Je vous ai jamais dit que je croyais au Papa Nawel ? santa MisterGreen

Amuse-toi bien ici Anthea !
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MessageSujet: Re: Anthea Wuornos   Sam 19 Juin - 21:17

Huuum

J'ai le droit d'attendre avant de me faire une opinion?

Bienvenuuuuuuuuuuuuuuue !!
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Anthea Wuornos

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MessageSujet: Re: Anthea Wuornos   Sam 19 Juin - 22:32

Quel accueil ! Pour moi toutes ces bouilles à croquer ? J\'adore !

Dunlaïr, roi des vampires, merci !
Nawel, touchée ! Je suis contente que mon personnage plaise au moins à quelqu'un ^^
Hein, Caleb, beau matou, tu ne veux donc pas ronronner ? *lui caresse le dessous du cou* alien
Jewel, beau bijou blond... not so easy to get people to the truth, tu l'as dit ^^ Et la vérité ? Ma foi, Maina n'a pas tort d'attendre pour se faire une opinion. Vous verrez bien ! Twisted Evil

Merci à tous ! Ça fait chaud au cœur...
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MessageSujet: Re: Anthea Wuornos   

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Anthea Wuornos

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